De Terres et d'Ecumes, ils en parlent...



Merci à Philippe Delerm pour sa lettre qui me donne l'énergie de poursuivre...



"J'ai été très impressionné par la lecture de votre texte, qui mérite à l'évidence un destin moins intime qu'une auto-publication. Votre livre est porté par un vrai sens de la langue et du rythme, il sonne toujours juste et vrai. C'est un bel alliage de l'énergie et de la discrétion. Et il y a une fermeté nette de la profération qui convainc. (...) Vous êtes écrivain."

                                                 Claude Burgelin
 



  Article paru dans l'Est Républicain, 08 avril 2008
                               PORTRAIT

 

Fragments d'écriture

 




Pascal Truchet publie son premier ouvrage « à compte d'édition ».
  

Voyage au fil des pérégrinations d'un poète.

   

Il vit à Montigny-lès-Vesoul dans une demeure en pierres. On y entre par une cuisine, nantie d'une cheminée impressionnante. Cheminée d'autrefois.

Lui, vient de publier son premier livre, « De Terres et d'Ecumes ». Il a 32 ans et carbure au café. Il enseigne les lettres au lycée Belin (depuis cinq ans) et ne lit pas la jeune garde littéraire française. Trop de déceptions, assure-t-il. Pas assez « d'invention ». Pascal Truchet ironise sur son côté « réac » : « Dans la littérature dite « classique », il y a tout... ».

Pourquoi écrire, alors ? « Pour délivrer un message essentiel », explique-t-il. Le sien. A travers son livre, « se dessine la figure du poète ». La poésie... A-t-elle encore raison d'être ? Pascal Truchet ne se pose pas la question. Comme si la poésie incarnait l'âme de la littérature et plus encore. Il s'insurge de l'idée d'un poète à la perception évanescente du monde. « C'est l'inverse », clame-t-il. Et de le comparer à un observateur attentif de la société avec « une parole à délivrer ». Une parole qui l'engage, tel Victor Hugo dénonçant la peine de mort... Ou Pablo Neruda. Pascal Truchet a ajouté depuis belle lurette le nom du poète chilien à ses favoris. Et l'a dépeint au détour d'une page, haranguant une foule, pétri d'idéaux et farouche défenseur de la paix.

Se sent-il poète, ce Pascal Truchet ? « Méfie-toi toujours de ceux qui proclament : je suis poète », écrit-il. Mais avoue s'enivrer « au bal incessant des mots et des idées ».

A 9 ans, il gribouillait déjà des histoires. A 14 ans, il remportait un concours de poésie et un voyage à New-York. Un brin grandiloquent : « La littérature, c'est ma vie ». Il en est persuadé. Et cette conviction gouverne aussi son métier. Professeur de lettres par « vocation », il assigne à la littérature une mission fondatrice : « la connaissance donne la liberté » et cette liberté, il l'ambitionne pour ses élèves.

Pascal Truchet croit aux rencontres et aux hasards qui n'en sont pas. Le collégien lyonnais se souvient encore de Georges Hilaire, enseignant (de français) passionné. Aujourd'hui, quand Pascal se trouve en classe devant ses élèves, « il se sent heureux ». Dans son univers : « Ce qui m'intéresse, c'est l'individu ». La littérature et l'humain.

Son livre, il le définit comme « un récit fragmentaire poétique ». Il revendique son appartenance « à l'écriture fragmentaire » et admire des auteurs comme Louis-René des Forêts, Julien Gracq ou Claude Simon. L'écriture est « création, prise de risque ». Et ne peut se contenter de s'incarner dans des formes explorées à outrance comme le roman. Pour le Haut-Saônois, l'écriture fragmentaire traduit idéalement la complexité des êtres. « De Terres et d'Ecumes » brouille les repères habituels. Le poète meurt à la fin, le lecteur le sait d'entrée de jeu. Lecteur invité à mettre ses pas dans ceux d'un poète qui tantôt pose « un regard tendre », tantôt « révolté » sur le monde. Croisant ici Neruda, là Lorca ou encore Vallejo. Pour au final rencontrer Pascal Truchet. 

                                                                                               Isabelle GERARD

                                                                                               igerard@estrepublicain.fr


 

« A compte d'édition »

 

Formule récente et particulièrement intéressante : la parution à compte d'édition. C'est par ce biais que Pascal Truchet a choisi de publier son livre. Le site internet TheBookEdition (société basée à Lille) propose aux gens de publier leurs ouvrages sans qu'ils déboursent un centime. Le site se paie en cas de vente en prélevant un pourcentage. Ainsi Pascal Truchet verse 7 euros (sur 12) par livre à la société lilloise. En cas de non-vente, l'auteur ne donne rien...

Pascal Truchet assure ne pas avoir démarché les maisons d'édition qui ont pignon sur rue. « Je ne suis pas ambitieux et je ne crois pas en elles ». Sous-entendu, il ne croit pas au manuscrit envoyé par courrier et repéré malgré tout. La difficulté de paraître à compte d'édition reste de faire connaître son livre aux lecteurs potentiels.

  • Pour acheter « De Terres et d'Ecumes » :

Sur le Net : http://pascaltruchet.over-blog.com ou thebookedition.com

 

 

 


 

Pascal Truchet a un rythme et une intensité qui bouleversent. « Il tend les voiles, les pensées et le regard pour donner de la bande sur tribord, en fendant la mer, pour obtenir ce point de l’inclinaison où toute chose en équilibre menace de disparaître. » Voyager, démuni, lesté simplement d’un caillou dans les poches ou d’un pull qui ne protège pas du froid pour éprouver du corps ce qui résiste. Faire se volatiliser l’illusion, naître l’utopie. L’Espagne et ses citadelles délaissées. Soria qu’a tant chantée Machado. Rencontrer Federico Garcia Lorca, le suivre à New York. Entendre Neruda s’adresser au peuple chilien. Que peuvent les mots ? Ils touchent, mais ne changent pas la vie. Et pourtant, il suffit peut-être de surprendre quelque part dans le monde le « gong fidèle d’un mot. » Alors fonçons dans le Massif Central où la pierre a explosé. « Que la flamme lui rende, par cette fragmentation, la multiplicité des visages, la profondeur des entailles, la vitesse dangereuse de la projection, qu’elle la place tout entière dans le souffle du vent fendu. » Ce vent du nord qui cisèle la lumière et donne la vigueur, ce pays où un homme passe son temps à suivre obliquement la course du soleil. Injecter la couleur sang du coquelicot dans l’écriture. Ce n’est pas assez : il faut être au plus proche des rivages, bretons par exemple. Le compte n’y est pas, il faut se délester encore. Tenter d’approcher « la loi secrète qui provoque la danse des images », prendre en Roumanie les trains de la mendicité, rire avec les enfants. « O Roumanie taillée dans ce morceau de roche, tu as souffert. » Et le chant continue, prend toutes les formes, toutes les voix…

 

                                                                                  Georges Hilaire

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